La PME
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le 12 / 10 / 2008

Comment rompre un contrat commercial ?

A l'origine, le contrat se voulait une assurance pour les contractants. Mais toutefois, certaines circonstances peuvent mener à la dissolution ou à la rupture volontaire d'un contrat. Même si la plupart du tu temps les raisons qui expliquent cette volonté de rupture semblent réelles et inévitables, il est difficile de trouver une solution qui arrange tous les contractants. Et ce, d'autant plus que les tribunaux tentent toujours de maintenir les contrats conclu.

Pour éviter de telles complications , il est possible d'inclure dans les contrats des clause s qui rendent la rupture du contrat " naturelle " dans certains cas. Mais pour ceux qui n'ont pas prévu une telle clause, il existe d'autres voies pour casser un contrat commercial : la résiliation unilatérale, la résolution judiciaire pour inexécution et l'annulation de la convention prononcée par les juges.

1. La clause résolutoire

Elle doit être bien rédigée pour faciliter la rupture du contrat Cette clause résolutoire détermine les circonstances dans lesquelles le contrat sera résolu ou résilié. La clause, doit être rédigée sans équivoque , elle doit mentionner expressément les obligations qui seront sanctionnées. Ex :" A défaut de la livraison du produit X avant le …..2001 par la société…, la société … pourra résilier le présent contrat. "

**veiller à la précision de la formulation ! Si la clause indique : " En cas d'inexécution, le contrat sera résolu ", alors la partie qui l'invoque doit demander au juge de prononcer la résolution. Stipulée " de plein droit ", la résolution se produit sans recourir au juge. Prévue " de plein droit et sans sommation ", la résolution se produit sans recourir au juge et sans mise en demeure.

· Même si les parties rédigent librement la clause, elle doit être mise en jeu de bonne foi . Ainsi si vous oubliez les termes "sans mise en demeure" ou "sans sommation", il ne pourra être mis fin au contrat sans délai.

Comment bien rédiger sa clause résolutoire ?

** Employez des termes précis, afin de ne pas fragiliser la réalisation de l'accord.
** Indiquez les cas de résolution ou de résiliation, par exemple la modification du contrôle du capital de l'une des sociétés contractantes.
** Mentionnez la forme de la notification de la mise en demeure du cocontractant (de préférence une lettre recommandée avec AR).
** Incluez le délai de préavis de résiliation ou précisez le moment auquel se produira la résolution. ·

Deux conséquences possibles : la résiliation ou la résolution

- La résiliation.
Le contrat disparaît, mais les prestations déjà réalisées ne sont pas annulées. C'est le cas du bail .

- La résolution.
Le contrat est anéanti rétroactivement : il est censé n'avoir jamais existé , les choses sont remises dans leur état antérieur. Pour savoir si la résolution est totale ou partielle et si elle est étendue à d'autres contrats liés à la convention en cause, il est nécessaire de se reporter à la clause.

2. La résiliation unilatérale
Cette solution, idéale et pratique est réservée aux contrats dont les prestations s'étalent dans le temps comme les contrats de distribution (concession, franchise...), le contrat d'ouverture de crédit et le contrat de bail. La décision de résilier doit être exprimée clairement et sans équivoque (de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception). Bien sûr, il est obligatoire de se conformer à la clause résolutoire si elle existe.

· Un contrat à durée indéterminée peut être résilié à tout moment par l'une des parties, les engagements éternels étant interdits. Mais la résiliation doit intervenir avec un délai de préavis suffisant, qu'elle joue en application d'une clause contractuelle ou non. Les juges apprécient librement ce délai. · Pour les contrats de distribution, ils prennent en compte l'existence de relations commerciales antérieures, leur montant et les usages interprofessionnels. Toutefois, une faute grave peut justifier la dispense de préavis. Quant aux motifs de la résiliation, inutile de les donner. Mais la rupture ne doit pas être abusive pour autant.

· Par contre, une entreprise n'a pas le droit de mettre fin à un contrat à durée déterminée avant son terme, même en cas d'inexécution d'obligations contractuelles (sauf si une clause résolutoire existe). Le contrat peut néanmoins être résilié pour un motif légitime. C'est-à-dire en cas de manquement grave d'une partie rendant impossible le maintien du contrat, selon la jurisprudence. Enfin, en cas d'absence de manquement grave, on pourra quand même tenter d'obtenir la résolution judiciaire du contrat pour inexécution du contrat. Le contrat cesse de produire effet uniquement pour l'avenir, les cocontractants ayant néanmoins droit à une indemnisation pour les prestations qu'ils ont fournies. La résiliation est parfois prononcée aux torts réciproques des parties. Chacune paie alors des dommages-intérêts, selon sa part de responsabilité.

· Ne négligez pas le droit de la concurrence L'ordonnance du 1er décembre 1986 protège particulièrement les entreprises dans deux cas :

**Entreprises partenaires de longue date :Il est interdit de rompre brutalement une relation commerciale établie sans un préavis écrit qui tient compte des relations commerciales antérieures ou des usages reconnus par des accords interprofessionnels. Mais il est possible de résilier sans préavis en cas d'inexécution par l'autre partie de ses obligations ou de force majeure (article 36-5).

** Entreprises dépendantes : Le droit de rompre le contrat peut être limité par la notion d'abus de dépendance économique (article 8-2),quand le chiffre d'affaires d'une entreprise dépend largement du volume traité avec un même partenaire.

3. Passer devant le juge
Quand le contrat ne mentionne rien sur rupture, vous pouvez passer directement devant le juge pour lui demander de prononcer la nullité du contrat pour inexcécution . Cette résolution judiciaire est possible même si le contrat inclut une clause résolutoire ou une clause pénale. Cette dernière prévoit que le débiteur verse, en cas d'inexécution, une somme forfaitaire à titre de dommages-intérêts. La bonne foi interdit d'invoquer la moindre inexécution pour obtenir la résolution du contrat et, sur ce point, le juge est souverain dans son appréciation. Par ailleurs, les tribunaux peuvent accorder un délai supplémentaire d'exécution au cocontractant.

· La résolution judiciaire a pour conséquence l'anéantissement du contrat. Les contrats à exécution successive sont, cependant, résiliés et non pas résolus. Mais la jurisprudence est divisée sur la date d'effet de la résiliation à retenir (date de la défaillance du cocontractant, date de la demande en justice ou jour de l'arrêt qui prononce la résiliation). Le juge peut accorder des dommages-intérêts seuls ou en même temps qu'il décide la résolution du contrat, parfois prononcée aux torts réciproques des parties.

· Lorsque le contrat est annulé Pour être valablement formé, un contrat doit réunir quatre conditions : le consentement des parties, la capacité des parties, l'existence d'un objet certain et une cause licite.
Si l'une de ces conditions fait défaut, le contrat est annulable. Il l'est également si une clause essentielle est nulle pour quelque raison que ce soit. A l'inverse, la nullité d'une clause accessoire ou autonome (une clause d'arbitrage, par exemple) n'entraîne pas la nullité de l'ensemble du texte. Enfin, les conventions contraires à l'ordre public sont annulables. L'annulation est prononcée par le juge.

** La nullité relative peut être invoquée par le cocontractant qu'une règle protège (par exemple, une personne victime de violence).

**La nullité absolue peut être demandée par toute personne qui y a intérêt, y compris un tiers (par exemple pour cause illicite du contrat). Annulé, l'accord est censé n'avoir jamais existé. Seule exception : concernant un contrat à exécution successive, il disparaît seulement pour l'avenir. Le demandeur pourra toutefois réclamer des dommages-intérêts destinés à réparer le préjudice causé par l'annulation de la convention.

Et attention aux autres conséquences de l'annulation : une partie n'a plus le droit d'exiger l'exécution de l'une des clauses du contrat annulé, par exemple une clause de non-concurrence.

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Publication : lapme.net

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