La PME
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le 10 / 03 / 2010

Comment choisir entre l'autofinancement et l'emprunt ?

Face à la nécessité d'investir dans l'entreprise, vous avez le choix entre l'autofinancement et l'emprunt auprès de la banque. Il faut, avant de choisir l'une de ces options analyser la situation financière de votre entreprise, en vous référant à quelques règles de bases.

Si vous n'avez pas de réserves de trésorerie ou si la situation financière de votre entreprise est précaire, vous êtes contraint de recourir à un financement externe. Cependant vous avez peu de chances que votre banquier accepte de vous accorder un prêt couvrant l'intégralité de l'investissement. C'est pourquoi, il est impératif de conserver la confiance de son banquier en lui démontrant les efforts de financement de l'entreprise et de son dirigeant, ainsi que tout l'intérêt de son concours pour assurer le développement de l'activité.

Votre choix dépend de l'acquisition que vous souhaitez faire :
**Si vous investissez dans un immeuble : Il est préférable de recourir à un emprunt sur une durée de 12 à 15 ans. En revanche, la vitesse de rotation du matériel peut légitimement vous pousser à consacrer une part plus importante à l'autofinancement.

Vous devez aussi prendre en compte l'impact prévisible de votre investissement sur vos besoins en fonds de roulement. Si vous anticipez un accroissement de ces besoins, mieux vaut garder vos réserves de trésorerie au chaud : elles vous permettront de financer l'augmentation du montant de vos stocks et des crédits consentis à vos clients sans recourir trop massivement aux financements à court terme très coûteux.

D'une manière générale, mieux vaut financer vos investissements lourds par emprunts et vos besoins d'exploitation par vous-même. Pour financer vos immobilisations il est préférable de recourir aux capitaux permanents dont dispose votre entreprise (capital, réserves, emprunts à long et moyen terme notamment).

Veillez toujours à ce que votre ratio capitaux permanents/valeurs immobilisées nettes soit au moins égal à 1. Lorsque ce ratio est supérieur à 1, cela signifie que vos capitaux permanents financent au moins pour partie vos besoins d'exploitation. Il est inférieur à 1 lorsque vous avez financé une partie de vos actifs immobilisés avec des dettes à court terme, ce qui constitue un risque de gestion à éviter à tout prix. Faut-il emprunter à 100 % ? Votre banquier sera réticent à financer 100 % de votre investissement. Prévoyez donc un apport d'au moins 30 %.

N'oubliez pas de vérifier que votre capacité d'autofinancement (résultat net + dotations aux amortissements) vous permettra de faire face à vos échéances d'emprunts. A ce titre, nous vous conseillons de respecter la règle suivante : Remboursements en capital des emprunts < 50 % de la CAF

Dans certains cas, il peut être plus intéressant de recourir à un emprunt total ou partiel alors même que vous disposez des fonds pour financer votre investissement. En effet, le recours au financement externe peut engendrer un effet de levier intéressant du point de vue de la rentabilité financière de votre entreprise. Autrement dit, la rentabilité financière des capitaux investis dans votre entreprise peut augmenter si vous engagez des investissements sans les autofinancer. Vous devez toutefois mesurer au préalable le degré de ce fameux effet de levier.

Le coût réel de votre emprunt : Les taux d'intérêt actuellement pratiqués sont relativement attractifs. Mais ne vous polarisez pas uniquement sur le taux d'intérêt. Préférez-lui le Taux Effectif Global qui comprend les coûts accessoires à l'emprunt (assurances, frais de dossier, commissions diverses...). Et accordez une attention toute particulière aux garanties exigées par votre banquier. Dans cette optique, ne vous bloquez pas sur les frais des garanties réelles (nantissement, hypothèque...), car ces sûretés peuvent vous permettre d'échapper à un engagement de caution personnelle beaucoup plus dangereux pour vous à titre personnel.

Veiller à ne pas allonger inutilement la durée de l'emprunt. Mieux, la réduction de sa durée peut vous permettre de réaliser de substantielles économies

Fiscalement L'autofinancement ne génère aucun frais supplémentaire du point de vue comptable et fiscal. Vous ne pouvez que déduire l'amortissement du bien acquis sur sa durée normale d'utilisation. A l'inverse, le financement par emprunt vous permet de déduire, en plus de l'amortissement, les intérêts courus sur l'exercice.

Ainsi, cette déduction fiscale vous permet d'atténuer le coût du crédit. Et plus l'économie d'impôt sur vos bénéfices générée par la déduction des intérêts est importante, plus le coût réel "net fiscal" du crédit est faible et plus vous avez intérêt à emprunter.
Seuls les intérêts sont déductibles. La partie de vos mensualités qui correspond au remboursement du capital ne l'est pas.

Selon le choix du mode de remboursement, constant ou progressif, avec différé ou non, le coût fiscal annuel de l'emprunt peut être totalement différent.


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Publication : lapme.net

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