La PME
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le 12 / 10 / 2008

Comment réussir son bail en dix points ?

Un bail est un contrat qui doit être rédigé avec soin : il s'agit de définir par écrit, avec précision les droits et les obligations de chacune des parties afin que le bail soit en adéquation avec les besoins de votre entreprise.

1. Le projet de bail doit être communiqué quelques jours avant la date de signature prévue afin de disposer d'assez de temps pour dénicher les clauses pièges. Vous pouvez faire enregistrer le bail à la recette des impôts. Cette formalité facultative donnera date certaine au contrat. Elle garantira donc votre maintien dans les lieux en cas de vente de l'immeuble en cours de bail.

2. Décrivez précisément les lieux Afin d'éviter toute contestation ultérieure, vérifiez que les locaux mis à votre disposition correspondent bien à ceux décrits dans le bail. Les dépendances et locaux accessoires doivent absolument être visés dans le contrat. Faites également préciser les modalités d'accès aux locaux et les conditions d'utilisation des parties communes. A défaut, votre propriétaire pourra considérer que l'utilisation des parties communes (droit de passage pour la clientèle, livraison, etc.) n'est qu'une tolérance révocable à tout moment.

3. Définissez largement les activités exercées Les activités doivent être définies le plus largement possible. Exigez toujours qu'en plus de votre activité principale, les activités complémentaires soient également indiquées dans le contrat. Cette précaution vous évitera d'avoir à obtenir l'autorisation du bailleur pour étendre votre activité. Evidemment, les baux "tous commerces" sont toujours à privilégier. Mais cette faculté pour le locataire de modifier son activité sans autorisation du bailleur a souvent pour contrepartie la fixation d'un loyer élevé.

4. Maîtrisez la durée de votre engagement Un bail commercial a obligatoirement une durée d'au moins 9 ans. Mais, sauf clause contraire, le locataire peut résilier le bail tous les 3 ans. En pratique : les locataires qui ne veulent pas s'engager sur le long terme ont de plus en plus tendance à conclure un bail précaire. Cependant, ce type de contrat, d'une durée maximale de 2 ans, ne leur offre aucune sécurité. Dans bien des cas, le bail commercial de 9 ans, avec possibilité de résiliation à l'expiration de chaque période triennale, peut permettre de moduler suffisamment la durée de l'engagement.

5.Négociez le loyer de départ Le propriétaire et le locataire fixent librement le loyer initial. Préparez donc sérieusement cette négociation. Comparez le prix demandé par le propriétaire à ceux pratiqués dans le voisinage pour des locaux similaires. En général, le loyer annuel hors taxes représente entre 6 % et 12 % de la valeur vénale des locaux. Si vous envisagez de réaliser des travaux importants, il est d'usage de négocier, même en cours de bail, un allégement ou une franchise temporaire de loyer ou encore une prise en charge partielle du coût des travaux par votre propriétaire.

6.Les garanties exigées par le bailleur La majorité des contrats prévoit que le locataire doit verser un dépôt de garantie lors de la conclusion du bail. Sachez que s'il dépasse deux termes de loyers, votre propriétaire doit obligatoirement vous verser un intérêt sur l'excédent . Si vous réglez votre loyer d'avance, il doit être ajouté à votre dépôt de garantie pour déterminer la somme sur laquelle sera calculé le montant des intérêts qui vous est dû. Attention : votre bailleur peut également vous demander une caution bancaire à titre de garantie.

7. Vérifiez la répartition des charges En principe, le locataire supporte les frais de rédaction et d'enregistrement du bail, les charges courantes de copropriété, les taxes locatives (voirie, ordures ménagères, etc.) et le droit de bail. Le propriétaire assume, sauf clause contraire, les frais de gestion de l'immeuble (salaire du concierge, assurance de l'immeuble et impôt foncier). En pratique : votre bail peut prévoir une répartition différente des charges. Si votre bailleur vous impose le paiement de charges supplémentaires, négociez en contrepartie une diminution du loyer. Evitez toujours les clauses qui fixent de façon forfaitaire les charges remboursables au propriétaire. Elles sont très souvent la source de conflits entre propriétaire et locataire.

8.Clarifiez la prise en charge des travaux Les petites réparations sont toujours à la charge du preneur. L'entretien de l'immeuble et les grosses réparations doivent être supportées par le propriétaire. Attention, le bail peut prévoir que toutes les grosses réparations seront à votre charge. Refusez cette clause qui peut entraîner des coûts exorbitants impossibles à chiffrer a priori. La propriété des travaux d'amélioration revient de droit à votre propriétaire à l'expiration du bail. Dans ce cas, il devra en principe vous verser une indemnité égale aux coûts des travaux ou à la plus-value apportée aux locaux. Mais une clause du bail peut l'exonérer de vous payer cette indemnité.

9.Révisions du loyer En principe, le propriétaire, comme le locataire, peut demander tous les 3 ans la révision du loyer en fonction de l'évolution de la valeur locative du local loué. Celle-ci est en principe plafonnée à l'augmentation de l'indice trimestriel du coût de la construction. De plus, elle ne peut en aucun cas excéder la valeur locative du local loué et ce, quelle que soit la progression de l'indice du coût de la construction. Les parties peuvent également prévoir la révision du loyer selon une clause d'échelle mobile.

Dans ce cas, l'indice de référence retenu doit avoir un lien avec l'activité d'une des parties ou avec le secteur immobilier. En général, la périodicité de ces révisions est annuelle. Il est par exemple de plus en plus fréquent de prévoir une révision annuelle en fonction de l'évolution de l'indice du coût de la construction. Important : l'augmentation triennale du loyer peut exceptionnellement excéder celle de l'indice du coût de la construction.

Ce déplafonnement est possible notamment en cas de modification importante de l'environnement du commerce (création d'une zone piétonne, d'une galerie marchande), d'amélioration des locaux loués ou d'extension de l'activité.

10. Vous pouvez renegocier lors du renouvellement du bail Le renouvellement du bail est l'occasion de renégocier votre bail et de l'ajuster à l'évolution des besoins de votre activité. En général, c'est le bailleur qui doit vous envoyer un congé avec offre de renouvellement six mois avant la fin du bail. A défaut, le bail est reconduit tacitement. Attention, dans ce cas, vous avez intérêt à prendre l'initiative de demander le renouvellement du bail avant sa 12e année afin d'éviter le déplafonnement du loyer.


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Publication : lapme.net

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