La PME
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le 28 / 08 / 2008

Comment résilier un contrat pour faute grave ou lourde ?

De façon générale, toute rupture d'un contrat de travail nécessite un préavis. Mais lorsque le salarié a commis une faute grave ou lourde, l'employeur peut rompre cette obligation de préavis : il convoque en principe l'intéressé pour un entretien privé. Comment faut-il procéder ?

Sachez tout d'abord que l'interruption immédiate du préavis pour faute grave n'oblige pas l'employeur à réitérer la procédure de licenciement déjà intervenue (cass. soc. 22 janvier 1991, BC V n° 32). Mais il est toute fois recommandé de faire un entretien avec le salarié, afin de lui exposer les faits, permettre de donner des explications, et dissiper ainsi tout risque de malentendu ou d'erreur.

1. La raison pour laquelle le salarié quitte son poste doit être mentionnée ainsi que la durée du préavis contractuel, conventionnel ou légal.

2. La rupture du préavis doit être indiquée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par une lettre remise en main propre contre décharge à la fin de laquelle figurerait la mention suivante : " Cette lettre vous est remise en main propre ce jour. Je vous prie de m'en remettre immédiatement le double, revêtu de la mention manuscrite ''lu et pris connaissance'' suivie de la date et de votre signature. "

3. Il ne faut bien sûr pas oublier de mentionner la date de présentation au salarié de la lettre recommandée de licenciement.

4. Puis il convient d'énoncer clairement la faute commise pendant le préavis. La lettre de rupture du préavis doit donc être motivée.

5. Si un préavis est déjà en cours, alors une faute grave ou lourde commise pendant le préavis justifie la rupture immédiate de celui-ci. La règle vaut également lorsque le salarié a été dispensé d'effectuer son préavis. Cette dispense n'a pas pour effet d'avancer la date à laquelle le contrat prend fin.

6. Enfin, la rupture du préavis en cours d'exécution a pour seul effet de priver le salarié du solde de l'indemnité de préavis (cass. soc. 5 octobre 1995, n° 3474 D, Bouzakla c/ SCEA Mas d'Auquier).
Cependant, cette rupture ne prive pas, le cas échéant, le salarié de l'indemnité légale de licenciement. En effet, le droit à l'indemnité de licenciement naît à la date du licenciement.

Il en est ainsi même dans l'hypothèse où la rupture du préavis par l'employeur est motivée par la découverte d'une faute grave ou lourde commise antérieurement au licenciement (cass. soc. 7 mars 1990, BC V n° 99).
Pour les mêmes raisons, en cas de dispense de préavis, l'indemnité compensatrice de préavis reste acquise à l'intéressé (cass. soc. 9 mai 2000, BC V n° 171).

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Publication : lapme.net

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