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Etant la rapidité de la prolifération des virus, la plupart
des entreprises sont amenées à contrôler l'utilisation de
la messagerie des salariés. Cependant dans ce domaine il existe
quelques règles juridiques à connaître avant de limiter la
libertés des salariés.
En effet de plus en plus d'entreprises multiplient les surveillances
: à commencer par les trafics et les connexions, au contrôle
des expéditeurs de fichiers mails, des destinataires, du poids
et de la propriété des pièces jointes jusqu'au filtrage des
e-mails, connaissance du code source et, par conséquent, du
texte du message.
Mais il faut savoir qu'en matière de surveillance de la messagerie
électronique il existe de nombreuses règles l égales à respecter
:
En effet, en tant qu'employeur vous avez le droit de contrôler
et de surveiller l´activité de ses salariés pendant le temps
de travail. Vous pouvez contrôler leur utilisation de la messagerie
électronique.
· Cependant vous devez informer préalablement les salariés
concernés (article L. 121-8 du Code du travail) . D'ailleurs,
la CNIL (Commission Nationale de l´Informatique et des Libertés)
recommande aux entreprises d´engager une négociation entre
les employeurs et les salariés en cas de mise en place d´un
système permettant le traçage des e-mails.
· Le Code du travail prévoit une information et une consultation
des institutions représentatives du personnel "sur les moyens
ou les techniques permettant un contrôle de l´activité des
salariés" (articles L. 432-2-1) ainsi qu´un contrôle a posteriori,
concernant, de manière plus générale, les "atteintes aux libertés
individuelles" (article L. 422-1-1).
· La loi du 6 janvier 1978 ("informatique et libertés") impose,
par ailleurs, que tout traitement automatique de données personnelles
soit déclaré à la CNIL. Aussi, un système permettant le traitement
des données de connexion avec l´identification des émetteurs
et des destinataires de messages électroniques doit-il en
général faire l´objet d´une déclaration.
En tout cas, le contrôle doit être "justifié par la nature
des tâches" et "proportionné au but recherché".
· Peut-on lire les e-mails ?
Le Conseil d´Etat indiquait, dans son étude sur "internet
et les réseaux numériques" du 2 juillet 1998 que la loi du
10 juillet 1991 relative au secret des correspondances émises
par voie de télécommunication devait s´appliquer aux messages
électroniques "sous réserve qu´ils aient un caractère privé".
Plus récemment (arrêt NIKON du 2 octobre 2001), la Cour de
cassation a affirmé, au sujet des messages électroniques envoyés
et reçus par les salariés à partir de l´ordinateur mis à leur
disposition sur leur lieu de travail, que l´employeur ne peut
en "prendre connaissance" si ces messages ont un caractère
"personnel". C'est pourquoi le contrôle systématique ou ponctuel
de la source des messages transmis nécessite l´accord exprès
des salariés, puisqu´elle contient le corps du message, lequel
peut avoir un objet "personnel".
Les fonctionnalités des logiciels de contrôle devront, par
conséquent, être soigneusement examinées sous l´angle juridique,
pour apprécier, au cas par cas, si le contrôle technique opéré
est proportionné au but poursuivi (disponibilité et intégrité
des systèmes et des données).
· Si l´employeur considère que l´usage privé, par un salarié,
de la messagerie électronique est abusif, il peut s´appuyer
sur des données d´ordre quantitatif ou la méconnaissance d´une
procédure obligatoire telle l'interdiction de télécharger
des pièces jointes à un message émanant d´un correspondant
inconnu.
En revanche, si l´administrateur réseau ou l´informaticien
chargé d´assurer la maintenance vient à prendre connaissance
de messages "personnels" dans le cadre d´un contrôle ou d´une
intervention, le contenu de ces messages ne peut pas être
utilisé à l´appui d´une sanction disciplinaire. Si des faits
graves sont révélés à cette occasion et que des sanctions
immédiates s´imposent (par exemple, en cas d´activité concurrente
de la part du salarié), l´employeur peut obtenir du juge,
dans le cadre d´une procédure sur requête (procédure rapide
non contradictoire) la désignation d´un huissier pour qu´il
constate la présence et le contenu des fichiers litigieux.
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