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En général toute entreprise qui subit un redressement
fiscal doit verser au fisc des intérêts de retard
qui s'élèvent à 0, 75% par mois de retard,
c'est à dire 9% par an.
Ces intérêts sont indépendants des sanctions
fiscales relatives au redressement ; appréciées
par le contrôleur.
Ces intérêts sont en réalité une
manière de sanctionner le contribuable : il s'agit
de compenser le préjudice financier subi par le Trésor
et le surcoût du traitement de ces dossiers .
Or ce taux semble excessif :
- par rapport au niveau moyen des découverts bancaires
non négociés .
- et par rapport au taux de 4, 26% que verse de son côté
le fisc au contribuable en réparation, suite à
un dégrèvement fiscal.
Pour le moment nous restons sur la position
du Conseil d'Etat annoncé le 12 avril dernier selon
laquelle les intérêts de retard ne sont pas des
sanctions .
De plus le Conseil juge que les sanctions fiscales prévues
par la loi doivent être proportionnelles à l'importance
du délit, ce qui ouvre une nouvelle voie de contestation
de la loi fiscale sur la base de la "clause de non-discrimination"
de la Constitution Européenne des Droits de l'Homme
(CEDH).
Alors que le contrôle de validité de la loi fiscale
relevait jusqu'à présent de la seule compétence
du Conseil constitutionnel, les contribuables peuvent utiliser
l'article 14 de la CEDH, pour soutenir devant le juge de l'impôt
qu'ils sont victimes de sanctions fiscales discriminantes
injustifiées.
L'évolution de la situation est
d'autant plus significative que l'Administration a publié
le 24 juin au Bulletin officiel des impôts une instruction
à l'intention de ses agents qui prend acte des dernières
jurisprudences fiscales et rappelle les principes des sanctions
fiscales et des intérêts de retard.
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